jeudi 11 décembre 2008

Retour de Lozère et...

Voilà, cette aventure de plus d'un an vient de se terminer. La compagnie L'hiver Nu a donc joué le dernier épisode du feuilleton théâtral J'ai marché sous les pierres écrit en collaboration avec Perrine Griselin, Yannick Le Nagard et Sylvain Levey. Un épisode controversé, souvenez-vous, puisqu'à retravailler jusqu'à la presque dernière minute... Que dire ? La chose s'est faite, avec toute l'énergie qui restait après ces mois de travail acharné ! Nous avons fêté ça et... et... et après ?

Nous espérons tous continuer l'aventure, peut-être autrement mais toujours ensemble. Mais les nouvelles sont mauvaises... L'horizon culturel de la Lozère a vu son ciel s'assombrir avec l'arrivée d'un nouveau venu à la tête des Scènes Croisées. Et cette nouvelle question qui nous occupe dès lors : programmateur, témoin de son temps ou artiste frustré ?

Qu'est-ce qu'un programmateur donc et qui plus est d'une scène nationale ou conventionnée ? Peut-être commençons d'abord par qu'est-ce qu'une scène nationale ou conventionnée, histoire de replacer le sujet dans son contexte. Il s'agit d'un label attribué par l'Etat au regard d'un certain nombre de missions telles que "s’affirmer comme un lieu de production artistique de référence nationale, dans les domaines de la culture contemporaine ; organiser la diffusion et la confrontation des formes artistiques en privilégiant la création contemporaine ; participer dans son aire d’implantation à une action de développement culturel favorisant de nouveaux comportements à l’égard de la création artistique et une meilleure insertion sociale de celle-ci."

Un grand pas de décentralisation, non ? Maintenant pensons à ceux qui ont la lourde tâche de diriger de tels lieux, imaginons leur désarroi à la lecture de cette mission "organiser la diffusion et la confrontation des formes artistiques en privilégiant la création contemporaine" Ben oui, ma bonne dame, faut confronter les formes et donc nécessairement traverser les genres même ceux vers lesquels on ne tendrait pas naturellement... Quelle angoisse pour un programmateur, y en a tellement des formes, des genres, des créations contemporaines, y en a tous les jours de nouvelles parce que la France est riche de créateurs, d'innovateurs, d'artistes qui continuent de créer même sans moyen, même sans vitrine, à s'acharner tous les jours plus encore, et une vie de programmateur n'y suffirait sans doute pas ! Et tant mieux !

Ou pas... Parce qu'au final qu'est-ce qu'il fait le programmateur dans le grand marché de la création ? Ben, il fait comme tout le monde, il prend ce qu'il connaît, ce qu'il aime, lui, il fait ses petites courses de Noël mais il oublie que les cadeaux qu'il doit faire ne sont pas pour lui seul et puis aux heures ouvrées, hein, parce qu'il manquerait plus qu'il manque son cours d'accordéon ou l'anniversaire de son petit ami...

S'il vous plaît, m'sieur le programmateur... (et puis non, changeons le pronom, s'il nous plaît, m'sieur le programmateur) n'oubliez pas que vous êtes une vitrine et non un badaud qui consomme, n'oubliez pas que vous avez un rôle, si, si, un vrai, passeur, m'sieur le programmateur, et c'est un beau rôle aussi...